J'ai été pendant de nombreuses années documentaliste en pharmacologie. Je ne suis pas médecin. Je ne manquerai donc pas de rester prudente dans mes tentatives de réponse et je demanderai éventuellement conseil à l'une de mes amies qui est médecin. Malgré cela je vous recommande de poser également ces questions aux spécialistes qui vous soignent.
Question 1 - Je souffre d'une lombalgie chronique sévère. La douleur et ses retentissements sur ma vie professionnelle et familiale ont provoqué une dépression nerveuse. Mon généraliste me soigne avec un antidépresseur. Contrairement à ce que vous écrivez, je ne constate aucune amélioration au niveau de l'intensité de la douleur. Comment expliquez-vous cela? - Réponse 1
Question 2 - Mon généraliste dit que radios et scanner ne montrent qu'une arthrose banale et que ma lombalgie chronique très douloureuse est l'expression d'une dépression, due à des problèmes liés à mon travail ou à mon entourage. Je ne comprends pas le diagnostic. - Réponse 2
Question 3 - J'ai un méga cul-de-sac dural (méga-fourreau) et rien d'autre sur les radios, scanners, IRM. Peut-il être la cause de ma lombalgie chronique? - Réponse 3
Question 4 - Je vois dans "Histoire d'une lombalgie" que vous avez eu un traitement par manipulations vertébrales. Qu'en pensez-vous actuellement? - Réponse 4
Question 5 - J'aurais voulu essayer l'hypnose contre une douleur lombaire chronique. Mais là où j'habite c'est impossible. Que faire? - Réponse 5
Question 6 - Je viens de lire plusieurs ouvrages sur la douleur. Les médecins qui écrivent que les malades souffrent du dos parce qu'ils en ont "plein le dos", nous, nous en avons "plein le cul". Ces livres ne sont pas cités dans votre bibliographie. Les avez-vous lus? - Réponse 6
Question 7 - Avez-vous essayé de calmer votre lombalgie avec du cannabis? Réponse 7
Question 8 - Depuis presque 6 mois, j'ai une lombalgie très douloureuse qui rend les relations sexuelles avec mon mari impossibles. Dans l'heure qui suit la douleur devient insupportable et le reste pendant plusieurs jours. J'ai pourtant lu dans un ouvrage sur le mal de dos que la lombalgie n'empêchait pas une vie sexuelle normale. Qu'en est-il vraiment? Réponse 8
Question 9 - Je ne supporte pas les anti-inflammatoires [AINS]. J'ai envie de me soigner avec des plantes. Qu'en pensez-vous? Réponse 9
Question 10 - Mon fils (14 ans) se plaignait de douleurs dorsales, se sentait fatigué et avait tendance à se voûter. Le rhumatologue a diagnostiqué la maladie de Scheuermann. Il lui a conseillé de nager régulièrement, afin de muscler son dos. Mon fils a pris ce conseil à la légère et ne va à la piscine que de temps en temps. Je me fais du souci pour l'avenir. A tort, peut-être? Réponse 10
Question 11 - J'ai choisi un sujet de mémoire sur un aspect de la lombalgie chronique. Pouvez-vous m'aider à réunir ma documentation? Réponse 11
Question 12 - Existe-t-il une Association de lombalgiques? Réponse 12
Question 13 - Avez-vous entendu parler de la cryothérapie dans le traitement de la douleur lombaire chronique? Réponse 13
Question 14 - Je souffre énormément depuis une arthrodèse lombaire. Mon chirurgien ne trouve pas la raison. Je sens que je fatigue mon entourage par mon besoin de compagnie et mon profond besoin de parler de ma douleur. Est-ce que je pourrais rencontrer une personne dans mon cas par l'intermédiaire de votre site? Réponse 14
Question 15 - Quels conseils pouvez-vous me donner pour le choix d'une nouvelle literie? L'investissement est important et je ne voudrais pas me tromper. Réponse 15
Question 16 - Des personnes célèbres ont-elles été victimes de lombalgie chronique? Réponse 16
Question 17 - Je prends de l'urbanyl 10, matin, midi et soir, et un temesta 1mg au coucher, ceci depuis que je souffre d'une lombalgie chronique. Mon généraliste me conseille de réduire les doses et de m'en tenir soit à l'urbanyl, soit au temesta. J'essaye, mais je ne peux plus m'en passer. Quel est le risque à poursuivre de cette façon? Réponse 17
Question 1 - Je souffre d'une lombalgie chronique sévère. La douleur et ses retentissements sur ma vie professionnelle et familiale ont provoqué une dépression nerveuse. Mon généraliste me soigne avec un antidépresseur. Contrairement à ce que vous écrivez, je ne constate aucune amélioration au niveau de l'intensité de la douleur. Comment expliquez-vous cela?
Réponse 1 - Votre
médecin vous soigne pour dépression nerveuse et non
pour la douleur lombaire. L'antidépresseur qu'il a choisi ne
fait pas partie de la classe des tricycliques, qui sont les plus
antalgiques des antidépresseurs.
Si vous le pouvez, consultez un neurologue. Non seulement le choix de
l'antidépresseur est déterminant, mais également
la dose à atteindre et à maintenir. Sachez aussi que
l'effet anti-douleur n'est effectif qu'au bout d'environ 1 mois de
traitement.
Lorsque votre douleur lombaire sera soulagée, votre
état dépressif, qui en découlait,
disparaîtra. N'espérez pas toutefois une disparition
totale de la douleur, mais une réelle amélioration.
Question 2 - Mon généraliste dit que radios et scanner ne montrent qu'une arthrose banale et que ma lombalgie chronique très douloureuse est l'expression d'une dépression, due à des problèmes liés à mon travail ou à mon entourage. Je ne comprends pas le diagnostic.
Réponse 2 - Votre
médecin ne comprend pas ce que vous avez. Son évocation
d'une dépression masquée peut masquer son
incompétence ou son impuissance en l'état actuel de la
médecine. C'est peut-être lui qui a des problèmes
avec son travail et l'abord relationnel avec son patient.
Tout d'abord, demandez-lui de vous envoyer à un rhumatologue.
Lire des radios, scanner ou IRM est une affaire de
spécialiste. Faire une infiltration au bon endroit aussi. Une
arthrose banale peut être la cause de douleurs rebelles, si
elle irrite ou comprime des éléments nerveux.
D'autre part, l'imagerie médicale a ses limites. Elle ne
montre pas tout. 25% des autopsies médicales
révèlent des lésions
insoupçonnées, et qui étaient la cause de la
pathologie du patient. Un rhumatologue compétent fera
peut-être une hypothèse qui se révèlera
juste, lorsqu'il arrivera à vous soulager par un traitement
adapté.
Si tous les traitements actuels échouent, cela ne voudra pas
nécessairement dire que la cause de votre lombalgie chronique
est psychogène. L'histoire de la médecine montre que de
tout temps on a ainsi déplacé le problème. La
tuberculose a été reliée à la
névrose. Depuis la découverte des antibiotiques, on ne
se soucie plus de savoir si le malade est plus névrosé
que la moyenne, on le guérit.
Si le rhumatologue n'a rien pu pour vous, demandez-lui de vous
adresser à un Centre de la douleur, où une
équipe multidisciplinaire s'efforcera de vous soulager, et
où vous pourrez parler de vos problèmes avec un
psychiatre ou un psychologue. Vous aurez ainsi attaqué cette
douleur de toutes les façons possibles.
"Quand le médecin ne comprend pas, le malade paraît toujours suspect. Il faut sortir de ce schéma. Un patient qui se plaint d'une douleur, c'est quelqu'un qui va mal et qu'il faut traiter". Dr Krakowski (2e Congrès national de la douleur, Paris, Juin 2001)
Question 3 - J'ai un méga cul-de-sac dural (méga-fourreau) et rien d'autre sur les radios, scanners, IRM. Peut-il être la cause de ma lombalgie chronique?
Réponse 3 - Voici ce
qu'écrivent S. Poiraudeau et M. Revel dans l'article "Les
lombalgies" de l'Encyclopédie médico-chirurgicale
(1994).
"Le sac dural large est plus souvent responsable de
lomboradiculalgies que de lombalgies. Cependant un frottement
chronique dure-mérien pourrait expliquer que les lombalgies
apparaissent à la marche sans autre manifestation clinique et
surtout sans autre explication anatomique que la largeur du sac
dural".
Voilà maintenant ce qu'écrit Jean-Yves Maigne dans son
ouvrage "Soulager le mal de dos" (Paris, Masson, 2001) :
"Un méga cul-de-sac est trouvé dans 1 à 6% des
saccoradiculographies ou IRM. Il est défini sur les vues de
profil des IRM par un diamètre de plus de la moitié du
corps vertébral correspondant. Du fait de la disparition de la
graisse péridurale, la dure-mère pourrait venir
"frotter" contre la paroi osseuse ou la face postérieure du
disque. De ce frottement pourraient naître des douleurs
lombo-sciatiques, sacrées ou coccygiennes. Mais cela reste une
pure spéculation, d'autant moins probable que dans le canal
étroit, où la dure-mère frotte aussi contre le
canal, il n'y a pas de lombalgie."
Vous voyez, qu'il y a divergence de point de vue entre ces
spécialistes. J'ai posé la question à un
rhumatologue de Lariboisière. Il partage l'avis de S.
Poiraudeau et M. Revel.
Le problème reste donc en suspens pour le moment.
Si le méga-cul-de sac dural est la cause de votre lombalgie
chronique, il n'y a pas de traitement spécifique. On ne pourra
que lutter contre le symptôme douleur, comme dans plus de 50%
des lombalgies.
Question 4 - Je vois dans "Histoire d'une lombalgie" que vous avez eu un traitement par manipulations vertébrales. Qu'en pensez-vous actuellement?
Réponse 4 - Il y a quelque
temps, j'ai reçu un message d'une personne pour qui les
manipulations vertébrales ont eu des effets néfastes.
Voici ce témoignage:
"J'avais un spondylolisthésis par lyse isthmique au niveau L5,
et je ne le savais pas. Je vivais très bien ainsi.
J'étais très sportive. A 45 ans, j'ai eu mal dans le
haut du dos. Une amie m'a donné l'adresse d'un
ostéopathe. Il m'a fait des manipulations vertébrales
sur tout le rachis, et le résultat a été
catastrophique. Une douleur lombaire insupportable s'est
déclarée et j'ai dû, par la suite, me
résoudre à une arthrodèse. Mais je souffre
toujours énormément, car j'ai maintenant une fibrose
post-opératoire."
J'ai répondu directement à ce mail , mais je veux
évoquer ce cas, afin de mettre en garde ceux qui souffrent du
dos. Les manipulations vertébrales peuvent être
dangereuses. Il y a de nombreuses contre-indications et la lyse
isthmique en est une.
Quand on a une douleur à n'importe quel niveau du dos, il faut
aller voir un médecin. Il fera faire des radios, et un bilan
médical si nécessaire. S'il vous envoie faire des
manipulations vertébrales, ce sera chez un médecin ayant
bénéficié d'un enseignement spécial.
L'utilité des manipulations vertébrales reste, par
ailleurs, controversée.
J.-Y. Maigne, qui en est partisan, en limite malgré tout
beaucoup l'usage. Il y a des cas de non-indication, des cas de
contre-indications absolues:
Et des cas de contre-indications relatives:
Les sportifs ont souvent une lyse isthmique bien
tolérée. Les sportives de haut niveau peuvent avoir une
ostéoporose (souvent elles n'ont pas leurs règles et ce
dysfonctionnement hormonal est la cause de cette ostéoporose
précoce). Une manipulation vertébrale dans un cas
d'ostéoporose sévère peut aboutir à une
fracture vertébrale.
Une lyse isthmique qui donne des douleurs lombaires invalidantes est
une bonne indication d'arthrodèse. C'est même
peut-être la seule bonne indication de cette chirurgie. En cas
de fibrose post-opératoire, le traitement consiste en
injections épidurales sous guidage scopique, avec des
résultats plus ou moins bons.
Question 5 - J'aurais voulu essayer l'hypnose contre une douleur lombaire chronique. Mais là où j'habite c'est impossible. Que faire?
Réponse 5 - La relaxation et la sophrologie sont des méthodes plus répandues en France que l'hypnose. Demandez des adresses à votre médecin. Sinon, vous pouvez lire un ouvrage sur l'hypnose médicale. Il y a de nombreuses années, j'ai lu celui du Dr Chertok: L'Hypnose, Petite bibliothèque Payot, n° 76. Je ne sais pas si on peut encore l'acheter, mais on peut certainement le trouver dans une bibliothèque. Il y a un chapitre sur l'auto-hypnose qui est intéressant.
Je vous propose de tenter un exercice.
Quand on arrive à recréer l'état hypnotique presque à volonté, on peut aborder les soins (soins dentaires, infiltrations, etc.) sans tension, et ne pas souffrir, ou très peu. De toute façon, un état d'hyper-relaxation fait baisser la douleur d'un cran. Mais il y a des douleurs trop intenses pour permettre d'arriver à cet état.
Pour ma part, j'ai appris des techniques de relaxation avec une sophrologue. J'arrive facilement à m'auto-hypnotiser Mais par la suggestion que j'essaie d'induire, je n'ai pas réussi à soulager durablement ma lombalgie chronique. Comme nous sommes tous différents, avec des douleurs d'intensité différente, qui ont des causes différentes, il est possible que ces exercices d'auto-hypnose faits régulièrement puissent vous aider. Si vous obtenez un résultat, dites-le nous!
Si vous voulez en savoir plus sur l'hypnose analgésique et ses effets sur la lombalgie chronique, lisez l'article dans la partie Documents, sous la mention "L'hypnose".
A Paris, plusieurs centres pratiquent l'hypnose contre les douleurs rebelles. Je donnerai leurs adresses à ceux qui m'en feront la demande.
Question 6 - Je viens de lire plusieurs ouvrages sur la douleur. Les médecins qui écrivent que les malades souffrent du dos parce qu'ils en ont "plein le dos", nous, nous en avons "plein le cul". Ces livres ne sont pas cités dans votre bibliographie. Les avez-vous lus?
Réponse 6 - Oui, je
les ai lus et je n'ai pas voulu leur faire de publicité. Parce
que je partage votre opinion sur ces ouvrages. Je retranscris ici
votre question telle que vous l'avez exprimée. Vous tenez
à cette formulation, me dites-vous, afin de "fixer l'attention
des médecins sur une autre partie de notre anatomie". Je dois
dire que votre mail m'a fait rire et m'a décidée
à rompre le silence sur cette littérature que je
n'apprécie pas plus que vous. Certains médecins,
spécialistes de la douleur ou du dos, tiennent dans leurs
publications des discours d'une insoutenable
légèreté, qui , sous le couvert de jeux de mots
et d'interprétations psychanalytiques sauvages,
révèlent en fait le mépris,
l'agressivité, les suspicions déplaisantes et mesquines
qu'ils entretiennent envers les malades qu'ils prétendent
soulager.
Il est temps qu'ils sachent qu'ils se déconsidèrent
eux-mêmes auprès de leurs lecteurs. Bientôt, il ne
restera rien de ce qu'ils ont un jour publié.
"Toute médecine est amour", a écrit Paracelse. Ces
mots, eux, ont traversé les siècles.
Question 7 - Avez-vous essayé de calmer votre lombalgie avec du cannabis?
Réponse 7 - Je connais
quelqu'un qui a tenté l'expérience dans de bonnes
conditions. Sans aucun résultat.
Je vous rappelle qu'en France la consommation de cannabis est
illicite. Les produits qui circulent sont le plus souvent impurs.
Je reste persuadée que cette plante nous donnera un jour de
nouveaux antalgiques. Il faut laisser les pharmacologues travailler.
Question 8 - Depuis presque 6 mois, j'ai une lombalgie très douloureuse qui rend les relations sexuelles avec mon mari impossibles. Dans l'heure qui suit la douleur devient insupportable et le reste pendant plusieurs jours. J'ai pourtant lu dans un ouvrage sur le mal de dos que la lombalgie n'empêchait pas une vie sexuelle normale. Qu'en est-il vraiment?
Réponse 8 - J'ai
abordé la question avec une rhumatologue, lors d'une
consultation dans un Centre de la douleur. Elle m'a confirmé
que les relations sexuelles sont impossibles lorsqu'on souffre d'une
lombalgie chronique sévère.
Si vous en parlez avec un médecin, il suggérera
peut-être une interprétation psychologique. C'est trop
facile. Vous n'avez pas mal au dos parce que vous ne voulez plus
faire l'amour avec votre mari; c'est l'inverse qui est vrai.
En cas d'arthrose lombaire, on conseille de prendre un antalgique
avant un rapport sexuel. Vous pouvez essayer, mais je doute de
l'efficacité. Cette douleur décalée et qui dure
me fait penser à l'exacerbation d'un état inflammatoire
latent dans les composantes de votre douleur lombaire chronique.
Je comprends la réaction de votre mari, qui ne veut plus vous
voir souffrir ainsi, et préfère l'abstention.
C'est un grave problème pour un couple. La lombalgie chronique
a des conséquences désastreuses sur tous les plans. On
parle beaucoup du problème économique qu'elle
constitue, de la désinsertion socio-professionnelle qu'elle
entraîne, mais pas du tout de la façon dont elle
bouleverse la vie du couple.
Restez unis et comme moi rêvez d'un monde sans douleur. On est
en droit de l'espérer car les hommes ont toujours
relevé les défis les plus fous. Comme de marcher sur la
lune.
Question 9 - Je ne supporte pas les anti-inflammatoires [AINS]. J'ai envie de me soigner avec des plantes. Qu'en pensez-vous?
Réponse 9 -
L'efficacité de la phytothérapie n'est pas
démontrée par la littérature scientifique (cf.
rapport de l'ANAES).
Mais c'est la même chose pour l'acupuncture ou les massages,
qui eux sont classés par l'ANAES parmi les traitements qui
peuvent être proposés.
Les plantes ont donné naissance à nos
médicaments les plus actifs. Elles ne sont pas inoffensives,
bien au contraire, et l'on peut avoir des effets secondaires
gênants après avoir absorbé une tisane. Tout
comme avec les médicaments.
Sachant cela, et en achetant vos plantes ou vos gélules
à base de plantes médicinales chez un pharmacien,
faites des essais. Le Dr J. Vibes dans son "Guide de la douleur" ne
se montre pas opposé à la phytothérapie (p.
380): "Pourquoi s'étonnerait-on de l'utilisation de
l'écorce de saule ou de la reine-des-prés, à
l'origine respectivement de l'acide salicylique et de l'aspirine?
(...) d'autres plantes font aussi partie de l'arsenal
thérapeutique (...) ainsi la racine secondaire d'harpagophytum
mais aussi l'ortie qui font antichambre dans l'attente du verdict
d'essais thérapeutiques".
Ces essais thérapeutiques seraient souhaitables, étant
donné les sévères effets secondaires des
AINS.
On peut associer la phytothérapie anti-inflammatoire et les
AINS, ce qui permet de diminuer les doses. Demandez conseil à
votre pharmacien, et discutez-en avec votre médecin.
En juillet 2000 (après la parution du rapport de l'ANAES) une
étude sur le traitement par l'écorce de saule a
été publiée dans l'"American Journal of
medicine". Vous trouverez sa traduction à l'adresse Internet
suivante:
http://www.medespace.com/rhumato/presse/presse2000/presse-rhum19.htm
Question 10 - Mon fils (14 ans) se plaignait de douleurs dorsales, se sentait fatigué et avait tendance à se voûter. Le rhumatologue a diagnostiqué la maladie de Scheuermann. Il lui a conseillé de nager régulièrement, afin de muscler son dos. Mon fils a pris ce conseil à la légère et ne va à la piscine que de temps en temps. Je me fais du souci pour l'avenir. A tort, peut-être?
Réponse 10 - A tort ou
à raison, c'est impossible de le dire. Il y a peut-être
des gens ayant eu cette maladie qui ne souffrent pas du dos à
l'âge adulte, mais ceux-là ne sont pas
dépistés.
Vous avez vu dans mon histoire médicale que j'ai eu la maladie
de Scheuermann, diagnostiquée à 45 ans, au vu de radios
faites à ce moment-là.
Cette maladie, qui se déroule tout au long de la croissance,
est en effet rarement diagnostiquée à ce
moment-là - soit parce qu'elle est asymptomatique, soit parce
que les parents pensent que la fatigue et les douleurs dorsales sont
inévitablement liées à la croissance.
On ne sait rien sur les causes de la maladie de Scheurmann, maladie
sans doute d'origine génétique. On ne peut ni la
prévenir, ni la traiter. Elle cesse d'elle-même à
la fin de la croissance, mais en laissant des déformations
vertébrales.
Ce sont ces déformations qui pourraient devenir à
l'âge adulte des causes de douleurs diverses, musculaires,
ligamentaires, lombaires. Elles induiraient des lombalgies en
favorisant la détérioration des disques
intervertébraux, et l'apparition d'une arthrose des
articulations postérieures.
On peut raisonnablement penser qu'un programme de musculation du dos
et du ventre, la constitution d'une sorte de "lombostat" interne,
permettra d'atténuer, ou même d'éviter, à
l'âge adulte, les conséquences néfastes dues aux
séquelles de cette maladie. Votre fils a donc tout à
gagner en adoptant le plus tôt possible une activité
physique appropriée, et réguliière.
On conseille le plus souvent la natation (surtout le dos
crawlé), mais aussi la gymnastique quotidienne. Les
médecins qui me paraissent les plus aptes à
personnaliser et initier un tel programme de musculation sont les
médecins de médecine physique, que l'on peut consulter
dans les services d'orthopédie, à l'hôpital.
Choisissez bien le lit de votre fils, et ceux de toute la famille. Un
lit ne doit être ni trop dur ni trop mou.
Enfin, l'alimentation est importante. Votre fils est en train de
constituer son capital osseux. Entre 11 et 24 ans, il faut absorber
1200 à 1500 mg de calcium par jour (à trouver
principalement dans le lait, les yaourts, les fromages et les eaux
minérales, Contrexeville et Hépar en particulier).
Question 11 - J'ai choisi un sujet de mémoire sur un aspect de la lombalgie chronique. Pouvez-vous m'aider à réunir ma documentation?
Réponse 11 - Que de futurs
rhumatologues s'intéressent à la lombalgie chronique ne
peut que donner de l'espoir à tous les malades.
Je vous conseille tout d'abord de lire attentivement les
préfaces des rapports de
l'ANAES cités dans les "liens". Les documentalistes y
exposent leur méthode de travail.
Il s'agit là d'une méthode excellente, qui vise
à l'exhaustivité. Elle peut toutefois être
simplifiée dans le cadre d'une thèse ou d'un
mémoire: il est le plus souvent suffisant d'interroger les
bases de données Medline et/ou Pascal.
La base de données bibliographiques internationales Medline
est accessible gratuitement sur le web mais se révèle
décevante lorsqu'on compare les résultats obtenus lors
d'une interrogation sur Internet à ceux obtenus sur les
systèmes payants auxquels sont abonnées les
bibliothèques médicales.
Ces résultats aléatoires et incomplets ne peuvent
satisfaire un thésard, encore moins un chercheur, qui devront
donc s'adresser à leur bibliothèque de
médecine.
Quant à la base de données scientifiques
pluridisciplinaire du CNRS appelée Pascal, si elle est moins
pointue en médecine que la prestigieuse Medline, elle se
révèle pourtant le plus souvent suffisante pour une
thèse et elle a, pour certains, l'avantage d'offrir des
résumés en français. Pascal n'est pas sur le
web.
Je vous conseille également de consulter le site de la
BIUM. Vous aurez ainsi une
idée de tous les services mis à la disposition des
usagers par cette importante bibliothèque interuniversitaire
et vous pourrez profiter des services qui sont en ligne.
Ensuite, il vous faudra prendre contact, dans la bibliothèque
de votre CHU, avec un Conservateur susceptible de vous aider dans
votre interrogation des bases de données, soit en ligne, soit
sur CD-Roms, et qui, si vous êtes très novice, vous
montrera comment tirer parti des résumés, où et
comment retrouver un article in-extenso lorsque le
résumé ne suffit pas.
En tout début de recherche, on peut lire quelques ouvrages. En
règle générale, c'est le Directeur de
thèse ou de mémoire qui indique les ouvrages à
lire et qui fournit, au moins en partie, la documentation non
éditée (plaquettes de laboratoires, documents internes,
dossiers médicaux, etc.).
Février 2004 - L'interrogation de
Medline a été améliorée par
l'introduction sur le web du répertoire de mots-clés
MeSH (le thesaurus). Pour ceux qui voudraient essayer de
réunir leur documentation par eux-mêmes, je conseille la
lecture de Medline/PubMed mode d'emploi:
http://www.chu-rouen.fr/documed/pubmedhelp.html
et de Pubmed: formation à l'utilisation, par Françoise
Dailland, bibliothécaire:
http://www.u-psud.fr/Biblikb.nsf/Formations.htm.
Peut-on faire des interrogations simples sur Medline avant même d'en bien posséder le mode d'emploi?
La réponse est oui.
Voilà quelques exemples qui vous permettront de mieux comprendre:
Question 12 - Existe-t-il une Association de lombalgiques?
Réponse 12 - J'ai tout
comme vous cherché une telle association dès le
début de mes problèmes. Je n'ai trouvé que
l'A.F.L.A.R. (Association française de lutte
anti-rhumatismale).
Cette association comprend un collège de médecins et un
collège de malades, qui ont pour mission d'agir auprès
des pouvoirs publics, pour mieux faire connaître le
fléau social constitué par les maladies rhumatismales
et coordonner la recherche.
Je suis devenue adhérente de cette Association en 1986. La
documentation que j'ai reçue lors de mon inscription
était intéressante. Ensuite, plus rien, sinon de temps
en temps une invitation à une conférence sur la
polyarthrite rhumatoïde. Pendant les 3 années où
j'ai payé une cotisation, j'ai écrit plusieurs fois
à l'Aflar pour demander que l'on porte un peu
d'intérêt à la lombalgie chronique. En vain.
Le GILL (Groupe interdisciplinaire de lutte contre les lombalgies)
est une émanation de l'Aflar. Je l'ai cité dans mes
liens Internet, mais la dernière fois que j'ai consulté
ce site, j'ai constaté qu'il n'avait pas été mis
à jour depuis plusieurs années.
Il serait intéressant que des malades fassent
l'expérience d'une adhésion à l'Aflar, afin de
voir si cette Association évolue et s'intéresse un peu
plus aux problèmes des lombalgiques.
A ma connaissance, il n'existe pas actuellement (juillet 2003)
d'Association réservée aux lombalgiques. Elle reste
à créer.
Question 13 - Avez-vous entendu parler de la cryothérapie dans le traitement de la douleur lombaire chronique?
Réponse 13 - Le froid,
ainsi que la chaleur, ont été de tout temps
utilisés pour calmer la douleur. Si vous vous brûlez la
main, la première chose à faire est de laisser couler
de l'eau froide sur la brûlure. Le froid fait du bien sur ce
qui est enflammé.
La chaleur, en revanche, fait du bien sur ce qui est
contracturé, un muscle, par exemple.
La douleur lombaire étant très complexe, plus ou moins
inflammatoire selon les moments, avec également plus ou moins
de contractures musculaires, il est parfois difficile de savoir si
elle sera soulagée plutôt par la chaleur ou plutôt
par le froid.
Parce que j'avais obtenu un excellent résultat en appliquant
une poche de glaçons sur une épaule douloureuse
(enflammée par une périarthrite), j'ai tenté un
jour d'appliquer le même remède à ma lombalgie.
Mais, après cette application de froid, la douleur est devenue
encore plus insupportable. Je n'ai donc pas osé renouveler
l'expérience.
La cryothérapie appliquée à tout le corps est
actuellement utlisée dans un hôpital de Berlin, pour
traiter les rhumatismes inflammatoires, mais également la
lombalgie chronique et la fibromyalgie. J'ai vu un reportage à
la télévision sur le déroulement de ce
traitement: une jeune femme souffrant de lombalgie chronique entrait,
en maillot de bain, tout d'abord dans une pièce où la
température était de moins 60 degrés C, puis
passait dans une autre salle où la température
était de moins 105 degrés C, ceci pendant environ 2
minutes. Je ne savais pas que le corps humain pouvait supporter de
telles températures, j'ai donc été très
impressionnée.
Pour en savoir plus, j'ai cherché sur Medline le
résumé de
l'article relatant
cette expérience. Vous le trouverez dans la partie "Documents"
de mon site. Les résultats obtenus sur la douleur sont de
courte durée (90 minutes). Ce répit est mis à
profit pour appliquer une physiothérapie intensive. Cette
thérapie par le froid est donc utilisée à
l'intérieur d'un programme de rééducation
fonctionnelle. D'après cet article, elle est, dans l'ensemble,
bien supportée ("all in all well tolerated").
A ma connaissance, aucun hôpital en France n'est
équipé pour pratiquer une telle thérapie par le
froid. Elle ne fait d'ailleurs pas de miracles.
Si vous voulez essayer de calmer vos douleurs lombaires en appliquant
une poche de glace, n'oubliez pas que la glace peu brûler. Il
est prudent d'intercaler un tissu entre la peau et les
glaçons.
Novembre 2003: La cryothérapie est à la mode: Arte
vient de diffuser un documentaire tourné dans une clinique
proche de Genève. J'en apprends un peu plus: la
cryothérapie appliquée sur tout le corps crée
une anesthésie. Les messages douloureux ne parviennent plus au
cerveau, ou du moins de manière modérée.
Contre-indication formelle: l'hypertension (le froid fait monter la
tension). Cette fois-ci, les extrémités des patients
étaient protégées: bonnet, gants, chaussures,
afin d'éviter les gelures. On voyait, après la
cryothérapie, les patients se diriger vers une salle de
musculation.
J'aurais aimé que l'on puisse revoir ces patients 2 ou 3 mois
après ce stage, et qu'ils fassent un bilan des
résultats obtenus. Mais le suivi des malades n'est pas encore
à l'ordre du jour.
Question 14 - Je souffre énormément depuis une arthrodèse lombaire. Mon chirurgien ne trouve pas la raison. Je sens que je fatigue mon entourage par mon besoin de compagnie et mon profond besoin de parler de ma douleur. Est-ce que je pourrais rencontrer une personne dans mon cas par l'intermédiaire de votre site?
Réponse 14 - Je n'ai jamais
oublié cette question et cette jeune famille dans
l'épreuve. Bien sûr, j'ai répondu directement en
temps voulu. Mais je veux reprendre ici l'essentiel de ma
réponse.
Il y a d'abord l'aspect médical. Lorsqu'on souffre
après une arthrodèse, et que le chirurgien dit ne pas
comprendre pourquoi, il faut demander d'autres avis. Pour ma part, je
commencerais par montrer IRM et scanners à un rhumatologue
dans un service hospitalier d'orthopédie ou de neurochirurgie.
Il se peut qu'une vis soit mal placée, et si la greffe a bien
pris, il est envisageable de réopérer pour enlever le
matériel qui la fixait. Avant de baisser les bras, et de
traiter la douleur, il convient donc de consulter ailleurs et de
prendre plusieurs avis. Interpréter l'imagerie médicale
n'est pas toujours facile.
Il y a ensuite l'aspect psychologique du problème posé
par la personne qui souffre et qui a besoin de dire sa douleur. La
communication avec ceux qui ne souffrent pas se révèle
difficile, voire impossible. Ceux qui devraient écouter ont en
fait le désir de baillonner celui qui a besoin de parler. Leur
attitude accroît la souffrance et conduit à juger
sévèrement l'indifférence, vraie ou
supposée, de l'entourage. "C'est la solitude du souffrir"
écrit le Dr Nicole Sultan, "l'autre ne peut ni me comprendre
ni m'aider". Telle est la conclusion que tire peu à peu le
malade, et à partir de là "le malentendu s'installe".
Malentendu avec le médecin qui supporte mal d'être en
situation d'échec, malentendu avec l'entourage, qui ne pense
pas qu'il soit nécessaire que la douleur soit dite et redite,
ou qui la nie purement et simplement, dans un réflexe
d'auto-défense.
Pourtant la douleur doit être entendue et reconnue afin que le
malade ne glisse pas dans la dépression, le sentiment
d'inutilité et d'auto-dépréciation, et
qu'à la douleur physique ne vienne s'ajouter la souffrance
morale.
Le besoin de parler du vécu de la douleur, expérience
paradoxalement incommunicable, est immense. Les lombalgiques qui
m'ont écrit cherchaient une Association de lombalgiques (qui
n'existe pas). Certains, pourtant très entourés, m'ont
dit avoir absolument besoin de leur séance hebdomadaire avec
un psychothérapeute. Tous avaient envie de dire leur douleur
à une personne vivant elle-même la douleur.
Mettre en relation les lombalgiques qui m'écrivaient aurait
été possible, mais je savais qu'il allait me falloir
enlever, pendant assez longtemps, la possibilité du contact
par e-mail. Voilà ce que j'ai conseillé de faire:
- Tout d'abord passer sur le Forum de l'Ecole du dos (Québec).
On y rencontre des lombalgiques français.
- Si vous désirez entrer en relation avec quelqu'un proche de
chez vous afin de pouvoir vous téléphoner, mettez une
annonce dans un centre de la douleur ou une consultation
d'orthopédie dans votre hôpital, ou encore dans un
journal local ou régional. Avant de faire ce site, j'avais
contacté des lombalgiques en passant des annonces dans divers
journaux (Top Santé, Votre Santé, Le
Nouvel Observateur, etc.). Ces tentatives peuvent rester
infructueuses ou se révéler déprimantes. Mais on
peut aussi établir un dialogue particulier, singulier,
débouchant sur un soutien mutuel. J'ai de cette façon
rencontré une femme lombalgique. Notre relation dure depuis
une quinzaine d'années.
Le livre d'or ajouté au début de l'année 2006
permet d'entrer en relation avec les personnes qui indiquent leur
e-mail. Dans ce cas, leur prénom (ou leur nom) apparaît
souligné. Cliquez dessus pour faire apparaître l'e-mail.
Question 15 - Quels conseils pouvez-vous me donner pour le choix d'une nouvelle literie? L'investissement est important et je ne voudrais pas me tromper.
Réponse 15 - Il est
difficile d'être certaine de donner le bon conseil. Cette
question caractérise toute l'histoire des traitements
appliqués à la douleur lombaire depuis 20 ans: les
spécialistes ont sans cesse changé d'avis, et souvent
en passant d'un extrême à l'autre, sur la façon
de soulager les lombalgiques.
Lorsque j'ai été hospitalisée en 1986, on m'a
couchée sur un plan extra-ferme, en intercalant une planche
entre le mince matelas et le sommier métallique.
Revenue chez moi, mon lit m'a paru trop mou, et j'ai
décidé de changer matelas et sommier (on conseille de
changer les deux en même temps).
Lorsqu'on souffre d'une lombalgie chronique, choisir une literie est
un exercice aussi périlleux que de vouloir acheter une
nouvelle paire de chaussure le jour où l'on a mal aux pieds.
Après de longues hésitations, je me suis
décidée pour un matelas à ressorts "confort
ferme". Mais je n'étais pas du tout certaine d'avoir fait le
bon choix. Le confort "extra ferme" de la même marque
était plus proche du "confort" de mon lit d'hôpital.
Douze ans plus tard, j'ai, de moi-même, opté pour un
matelas confort "mi-ferme", toujours dans la même gamme
(Tréca, impérial pullman - mais toutes les grandes
marques se valent). J'ai tenu compte de mon poids et de ma taille (55
kilos, 1m 65) pour décider de passer du ferme au mi-ferme.
Ceci, encore une fois, sans être certaine d'avoir fait le bon
choix. A cette époque, en effet, on conseillait de coucher sur
un matelas ferme.
Une étude très récente (novembre 2003), parue
dans "The Lancet" semble me donner raison. Vous pouvez la lire dans
la partie
"Documents".
D'après cette étude, les lombalgiques qui dorment sur
un matelas mi-ferme souffrent moins que ceux qui dorment sur un
matelas ferme.
Cette étude est-elle fiable? Le résumé
présente quelques bizarreries. Le nombre des patients est
impair, alors qu'on doit ensuite constituer 2 groupes égaux.
L'essai est fait en double-aveugle, ce qui signifie que le
médecin ne sait pas sur quel type de matelas le patient dort,
et que le patient ne le sait pas non plus. Or, j'ai l'impression que
l'on sait sur quel type de matelas on est couché. Enfin, on ne
semble pas prendre en compte le poids et la taille des malades. Sour
ce point, il faudrait revenir au texte lui-même, et ne pas se
contenter du résumé. La fermeté du matelas est
évaluée suivant une échelle établie par
la Commission européenne de standardisation ("European
Committe for Standardisation") et cette échelle tient
peut-être compte de ces données, qui me semblent
importantes.
Les rares fois où je ne souffre pas, je me sens bien sur ce
matelas mi-ferme. Mais je n'ai remarqué aucun changement
bénéfique en passant du confort ferme au confort
mi-ferme. Mon incapacité journalière ne s'en est pas
trouvée améliorée.
Alors, que choisir? A mon avis, on peut éliminer la planche et
les matelas extra-fermes. Ensuite, on hésitera entre confort
ferme ou mi-ferme. Sauf si l'on décide de faire
entièrement confiance à l'étude que je vous ai
signalée.
Ce que je vous conseille, c'est, si vous le pouvez, de dormir seul
dans un lit pour 2 personnes (1m40). Vous vous retournerez beaucoup
plus facilement, en roulant, au lieu de donner un coup de rein qui
peut faire mal.
Question 16 - Des personnes célèbres ont-elles été victimes de lombalgie chronique?
Réponse 16 - Lorsque des célébrités sont atteintes par la maladie, elles disparaissent en général, sans qu'on sache pourquoi.
J'aimais beaucoup l'actrice Marie Dubois, que l'on ne voit plus depuis longtemps à l'écran. Elle vient de révéler dans un livre ("Je n'ai pas tout dit") qu'elle est atteinte d'une grave forme de sclérose en plaque.
Il y a quelques années, j'ai appris la mort de la chanteuse Colette Magny, très connue dans les années 68-70. L'article du journal "Libération" mentionnait qu'elle avait passé ses dernières années allongée sur un lit, à cause d'un problème vertébral.
Récemment (2003), David Douillet, dans une interview accordée au journal "La Vie" a dit combien il regrettait d'avoir malmené son corps, de l'avoir usé par des entraînements trop intensifs, pour en arriver, à 32 ans, à souffrir de partout ( et du dos en particulier). Certes, il n'en est pas à l'invalidité, mais à un stade d'inconfort et de frustration quotidienne.
On a souvent fait allusion à la lombalgie chronique de la femme d'Oscar Wilde. Mme Wilde a fait une chute dans un escalier et a ensuite constamment souffert de douleurs lombaires. Les traitement médicaux ayant tous échoué, elle a été opérée trois fois. Elle est morte durant la troisième intervention. Ni sa chute, ni la chronicité de son mal ne peuvent recevoir les explications psychologiques et sociales souvent évoquées par les rhumatologues actuels. Mme Wilde aimait et admirait son génial mari, adorait leur deux enfants, et ne soupçonnait pas les penchants d'Oscar Wilde. C'était, par ailleurs, une femme intelligente, créative, entourée de famille et d'amis.
Frida Kahlo a souffert toute sa vie des séquelles d'un accident d'autobus. Une arthrodèse lombaire n'a fait qu'empirer son cas. La lecture de sa biographie est éprouvante, et la vue de certains des tableaux qu'elle a peints m'a été insoutenable. Frida Kahlo, personnalité attachante et complexe a vécu, entourée d'amour et d'amitié, une vie où la douleur a constamment tenu le rôle principal. Une douleur qu'elle a combattue par tous les moyens, y compris les mélanges d'alcool et d'analgésiques, ce qui l'a menée à une mort précoce.
Les causes de la lombalgie chronique qui a brisé la
carrière et la vie de l'actrice Martine Carol sont
inconnues. L'article que j'ai lu à son propos se contentait de
décrire les symptômes dont elle souffrait et leurs
répercussions. La douleur lombaire l'a rapidement
empêchée de faire face à ses obligations de star,
et cela malgré les piqûres de morphine
administrées avant chaque gala ou séance de photos.
Bibliographie:
CLARK AMOR (Anne).- "Madame Oscar Wilde", Paris, Librairie
Académique Perrin, 1985. -229 p.
HERRERA (Hayden).- "Frida, Biographie de Frida Kahlo".- 730 pages,
illustrations. (Le livre de poche, n°14573)
Ces deux ouvrages ne constituent en aucun cas des documents
médicaux. Mme Hayden Herrera est une historienne de l'art.
Question 17 - Je prends de l'urbanyl 10, matin, midi et soir, et un temesta 1mg au coucher, ceci depuis que je souffre d'une lombalgie chronique. Mon généraliste me conseille de réduire les doses et de m'en tenir soit à l'urbanyl, soit au temesta. J'essaie, mais je ne peux plus m'en passer. Quel est le risque à poursuivre de cette façon?
Réponse 17 - Ces médicaments appartiennent
à la classe des benzodiazépines. Ils sont
utilisés dans le traitement de la douleur, car ils ont une
action sédative (ils abaissent la vigilance) et
décontracturante (on dit qu'ils sont "myorelaxants"). Ce sont
des co-analgésiques, et à ce titre on peut, en effet,
les prescrire à un lombalgique.
La prescription des benzodiazépines a explosé à
partir de 1970, en réponse à des problèmes de
mal-être et de stress, qui auraient sans doute
mérité un tout autre traitement.
Depuis quelques années, on a, au contraire, tendance à
souligner les effets secondaires de ces molécules, en
particulier le risque d'accoutumance, et donc celui de la
dépendance au produit.
Dans le domaine du traitement de la douleur chronique, les
benzodiazépines ne sont pas les seuls médicaments
à poser le problème de l'accoutumance. Les
opiacés présentent le même
inconvénient.
Ce qu'il faut évaluer, c'est le rapport
bénéfices/risques. Il y a des risques à prendre
des benzodiazépines, mais il y a également des risques
à se laisser souffrir et à ne pas dormir.
Si vous voulez de nouveau tenter de réduire les doses que vous
prenez actuellement, je vous conseille d'essayer tout d'abord de
supprimer le comprimé d'urbanyl pris le matin.
Voilà le "truc" que l'on indique dans les consultations de
désintoxication: il s'agit de la "méthode de la lime
à ongle". C'est une méthode très lente, mais qui
a fait ses preuves.
Le premier jour, vous donnez un coup de lime à ongle sur le
comprimé, ce qui enlève très peu de produit.
Vous donnerez deux coups le jour suivant, et ainsi de suite, jour
après jour.
Cette façon de faire devrait vous éviter les
problèmes liés à un sevrage plus brutal
(insomnies, maux de tête, transpiration, tremblements).
Si votre douleur lombaire vous paraît plus forte après
la diminution ou l'arrêt de l'urbanyl, il faudra revoir
l'ensemble de votre traitement anti-douleur avec votre
généraliste ou avec un médecin de la douleur.